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La rando des 25 bosses en forêt de Fontainebleau : le guide complet

Découvrez la rando des 25 bosses en Fontainebleau : tracé, sensations, conseils de terrain. Partez à l'aventure dans la plus belle forêt d'Île-de-France.


Julien RocheAccompagnateur en montagne · Chambéry
3 AOÛT 2026 · 13 MIN DE LECTURE

Il y a ce moment, juste avant le lever du jour, où la forêt retient son souffle. C’est là que commence la rando des 25 bosses , à soixante kilomètres de Paris, dans un coin où la ville semble avoir oublié d’étendre ses bras. Pas de bitume, pas de bruit. Seulement le craquement du sable sous les semelles, l’odeur de mousse et de résine, et devant soi ce circuit mythique d’Île-de-France qui enchaîne crêtes, chaos rocheux et descentes techniques dans un dénivelé cumulé qui surprend toujours. Un parcours taillé pour les randonneurs entraînés et les traileurs en quête de relief véritable. Ce guide vous donne toutes les clés pour préparer, réussir et savourer cette sortie hors du commun.

En bref :

  • La rando des 25 bosses est un circuit de ~17 km qui serpente dans le massif des Trois Pignons, au cœur de la forêt de Fontainebleau.
  • Le départ s’effectue depuis Noisy-sur-École ou Le Vaudoué, deux communes facilement accessibles depuis Paris en environ une heure.
  • Le dénivelé cumulé avoisine 500 m , ce circuit est classé difficile et s’adresse avant tout aux marcheurs entraînés.
  • Comptez 5 à 6 heures de marche effective, selon votre rythme et le temps accordé aux pauses et aux panoramas.
  • Trois variantes existent : le circuit « Potala » (~17 km), le « Diplodocus » (~15 km) et le plus exigeant, les 35 bosses « Belvédère » (~22 km).
  • Le balisage repose uniquement sur des traits bleus peints sur les rochers , aucun panneau IGN officiel ne jalonne le parcours, ce qui exige une bonne préparation.
  • La période idéale se situe à l’automne et au printemps , les rochers de grès deviennent extrêmement glissants par temps de pluie ou de gel.

Le massif des Trois Pignons, écrin de la rando des 25 bosses

On croit connaître la forêt de Fontainebleau, et puis on s’enfonce dans le massif des Trois Pignons et on la redécouvre tout entière. Le bruit de la route s’efface. Les pins exhalent leur résine tiède, les chênes sessiles filtrent la lumière en lames dorées. Soudain, on comprend pourquoi tant de Franciliens reviennent ici, week-end après week-end, comme on revient dans un pays qu’on aime.

C’est un monde à part, posé au sud de la forêt de Fontainebleau, à environ 60 km de Paris. Administrativement rattaché à la commune du Vaudoué, en Seine-et-Marne (77), ce territoire couvre près de 2 300 hectares de landes, de chaos de grès et de pinèdes clairsemées. Une étendue sauvage, presque étonnante à cette distance de la capitale, classée en réserve biologique domaniale et protégée au titre des sites naturels d’Île-de-France.

Le grès de Fontainebleau y sculpte des architectures improbables : blocs arrondis empilés comme par un géant distrait, dalles inclinées, crêtes effilées qui offrent des panoramas à couper le souffle sur la plaine de Bière. L’altitude maximale du massif dépasse à peine 150 m, mais la succession de reliefs donne l’impression d’une montagne en miniature, exigeante et généreuse à la fois.

La faune y est discrète mais bien présente. On croise au petit matin des chevreuils dans les clairières, des sangliers qui retournent la litière de feuilles mortes. Les mésanges et les geais ponctuent le silence de leurs appels. Au sol, les bruyères cendrées tapissent les landes de violet en août et septembre, tandis que les chênes virent à l’or et au cuivre dès octobre.

Le balisage des 25 bosses, lui, ne figure sur aucune carte IGN officielle. Il a été créé et est entretenu par des passionnés locaux, bénévoles attachés à ce terrain qu’ils connaissent par cœur. Un héritage précieux, à respecter comme tel.

💡 Conseil : Emportez la carte IGN 2417OT (Fontainebleau) en version papier, et téléchargez le tracé GPX sur Visorando avant de partir. Le réseau mobile est capricieux dans certains creux du massif , mieux vaut avoir le tracé en mode hors ligne.
Infographie des conseils à faire et à éviter pour la rando des 25 bosses en forêt de Fontainebleau

Caractéristiques techniques et difficulté de la rando des 25 bosses

Ne vous fiez pas à l’altitude. Sur le papier, 150 m de point culminant, cela peut sembler modeste. Mais sur le terrain, la rando des 25 bosses raconte une tout autre histoire. Ce circuit d’environ 17 km dans la forêt de Fontainebleau cumule près de 500 m de dénivelé positif , non pas en une longue montée régulière, mais en une succession de 25 montées et descentes sur rochers de grès, souvent sans chemin tracé, où les mains s’agrippent autant que les pieds avancent. C’est ce caractère répété, presque obstiné, qui fait toute la singularité et l’exigence de ce circuit.

La durée moyenne oscille entre 5 et 6 heures pour un marcheur entraîné. Les traileurs habitués au terrain technique bouclent parfois le circuit en 3h30, mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Le niveau requis est clairement difficile : terrain instable, passages en équilibre sur des blocs, descentes raides où la concentration ne doit pas fléchir.

Tableau comparatif des trois circuits principaux

Nom du circuitDistanceDénivelé +DuréeNiveau
Potala (25 bosses)~17 km~500 m5 à 6 hDifficile
Diplodocus~15 km~400 m4 à 5 hIntermédiaire
35 bosses Belvédère~22 km~650 m7 à 8 hTrès difficile
⚠️ Attention : Le circuit des 25 bosses n’est pas balisé par l’IGN. Les rochers de grès deviennent extrêmement glissants par temps humide. Il n’existe aucun point d’eau sur l’ensemble du parcours , partez équipé en conséquence.

Le balisage : suivre les traits bleus sur les rochers

Oubliez les panneaux en bois et les marques jaunes de l’IGN. Ici, le balisage, c’est une affaire de traits bleus peints à même le grès, discrets mais fidèles pour qui sait les lire. Ces marques ont été créées et sont entretenues par des bénévoles passionnés, attachés à ce coin de forêt de Fontainebleau comme à un jardin secret. Aucune institution officielle ne les mandate , c’est du soin donné librement, et c’est beau.

Avant de partir, téléchargez impérativement le tracé GPX sur Visorando et activez le mode hors ligne. Le balisage peut s’effacer avec le temps, les intempéries, ou tout simplement se faire discret dans les zones de rochers enchevêtrés. Aux intersections, marquez une pause et scrutez les blocs alentour , le trait bleu est rarement loin, mais il ne se donne pas toujours au premier regard. Cette vigilance fait partie du jeu, et d’une certaine façon, du plaisir.

Départ, accès et infos pratiques pour la rando des 25 bosses

Bien préparer son départ, c’est déjà commencer la rando du bon pied. Le point de départ le plus couramment utilisé est le parking de Noisy-sur-École, situé route de la Chapelle (coordonnées GPS approximatives : 48.359°N, 2.528°E). L’accès est gratuit, le revêtement correct. Une alternative existe du côté du Vaudoué, légèrement plus à l’ouest, avec un parking similaire en accès libre.

Rejoindre le départ depuis Paris sans voiture

L’option transports en commun est tout à fait envisageable avec un peu d’organisation. Depuis la Gare de Lyon à Paris, la ligne R du Transilien dessert Fontainebleau-Avon en environ 45 minutes. De là, un bus ou un taxi permet de rejoindre le Vaudoué en une vingtaine de minutes supplémentaires. Les plus sportifs peuvent opter pour le vélo depuis la gare , comptez environ 15 km sur des routes peu fréquentées bordant la forêt de Fontainebleau. Cette option demande un peu plus de logistique, mais elle est tout à fait réalisable et évite les tracas de stationnement.

ÉlémentDétail
Point de départParking de Noisy-sur-École ou du Vaudoué
ParkingGratuit , capacité limitée, saturé les week-ends ensoleillés
Accès voiture~1h depuis Paris via A6, puis D837, sortie Milly-la-Forêt
Accès transports en communLigne R Transilien (Gare de Lyon) + bus/taxi depuis Fontainebleau-Avon
Eau sur le parcoursAucune , prévoir 2 à 3 litres minimum
Réseau téléphoniqueCapricieux dans les creux du massif , tracé GPX hors ligne conseillé
💡 Astuce : Les week-ends de beau temps, le parking est souvent complet dès 9h. Visez un départ entre 7h et 8h pour trouver une place sans stress et profiter des premières heures de lumière sur les rochers , les plus belles de la journée.

Sur le sentier : description du tracé et points de vue remarquables

On quitte le parking et les premières foulées s’enfoncent dans un chemin de sable blond, entre pins maritimes et chênes encore endormis. Le sentier est large, presque rassurant. C’est une mise en jambes douce, un sas de décompression avant que le terrain ne révèle son caractère. Dès le km 1,5, les premiers chaos de rochers apparaissent, surgissant de la lande comme des sculptures oubliées. On tend instinctivement les mains pour toucher le grès , tiède en été, rugueux toujours, avec cette texture qui accroche bien quand il est sec.

Vers le km 3, la première vraie bosse se dresse. On monte de 20 à 25 m en quelques dizaines de mètres, les semelles cherchant les aspérités, le regard scrutant le prochain trait bleu sur le rocher à droite. La vue s’ouvre d’un coup sur la plaine de Bière , un horizon inattendu pour un massif aussi modeste. On comprend d’emblée pourquoi ce circuit est classé difficile : ce n’est pas la hauteur, c’est la répétition et la technique.

Au km 5, le cœur du circuit commence vraiment. Les bosses s’enchaînent sans répit, parfois séparées par de courtes landes où la bruyère embaume l’air d’un parfum légèrement poivré. En août et septembre, elle flamboie en violet intense , un spectacle qui mérite à lui seul le déplacement. La Croix-Saint-Jérôme, repère incontournable aux alentours du km 6,5, marque une halte naturelle. On y retrouve souvent d’autres marcheurs, les yeux brillants de la même satisfaction silencieuse.

La seconde moitié du circuit, à partir du km 8, est techniquement la plus exigeante. Les descentes se font plus raides, les passages entre les blocs plus étroits. Il faut descendre face au rocher par endroits, poser les pieds avec soin, ne pas précipiter les gestes. Le dénivelé cumulé atteint ici ses 350 m sur les 8 premiers kilomètres. Le circuit tourne ensuite progressivement vers la gauche, longeant des landes plus ouvertes où les vues se dégagent vers le sud.

Vers le km 14, la forêt reprend ses droits. Les pins se resserrent, la lumière se tamise, le sol redevient sablonneux. Les jambes sentent le travail accompli , pas douloureux, plutôt cette fatigue honnête qui prouve qu’on a vraiment marché. Les 3 derniers kilomètres se font presque en douceur, avec quelques derniers rochers à franchir avant que le sentier ne ramène vers le parking. En octobre et novembre, ces derniers passages sous les chênes sont d’une beauté saisissante : le sol disparaît sous un tapis de feuilles rousses, et la lumière de fin d’après-midi incendie les crêtes de grès.

Équipement, préparation et meilleure saison pour les 25 bosses

Une bonne sortie se prépare à la maison, pas au pied du premier rocher. La forêt de Fontainebleau et ses chaos de grès sont magnifiques, mais ils ne pardonnent pas l’imprudence. Voici ce que l’expérience du terrain enseigne.

L’équipement indispensable :

  • Chaussures de randonnée montantes à semelle crantée , absolument essentielles sur grès humide. Les baskets de ville sont à proscrire catégoriquement.
  • Bâtons de marche , très utiles dans les descentes techniques pour préserver les genoux.
  • Sac à dos de 20 à 25 L avec 2 à 3 litres d’eau minimum , aucun point de ravitaillement n’existe sur le circuit.
  • Encas énergétiques (fruits secs, barres), coupe-vent léger, trousse de premiers secours basique.
  • Téléphone chargé avec le tracé GPX téléchargé hors ligne.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire : partir en baskets, sans eau, sans carte ni GPS, et sans avoir vérifié la météo. Ce circuit en Île-de-France reste un terrain sérieux.

La meilleure période pour parcourir ce circuit ? L’automne (octobre-novembre) offre les couleurs les plus spectaculaires et des températures idéales autour de 10 à 15°C. Le printemps (mars-mai) est également excellent, avec une végétation en éveil et une fréquentation plus raisonnable. L’été reste possible, mais les températures peuvent dépasser 30°C sur les rochers exposés, et la fréquentation explose , parfois plusieurs centaines de randonneurs le week-end. L’hiver est faisable par temps sec, mais le gel transforme les rochers en patinoire.

⚠️ Attention : Le grès mouillé est extrêmement glissant , plusieurs accidents sont recensés chaque année sur ce circuit, notamment dans les descentes. Évitez absolument le lendemain d’une pluie, et n’hésitez pas à renoncer si les conditions se dégradent en cours de route. La montagne , même à 150 m d’altitude , mérite le respect.

Questions fréquentes sur la rando des 25 bosses

Quelle est la distance exacte de la rando des 25 bosses ?

La rando des 25 bosses couvre environ 17 kilomètres selon la variante empruntée, avec un dénivelé cumulé avoisinant 500 mètres. Ce chiffre peut surprendre pour une forêt réputée plate, mais la succession des chaos de grès s’accumule vite. Comptez une journée complète : entre 5 et 6 heures de marche effective, pauses comprises.

Le circuit des 25 bosses est-il accessible aux enfants ?

Le circuit complet reste déconseillé aux jeunes enfants : la distance et les passages rocheux exigent endurance et stabilité. En revanche, les adolescents aguerris à la marche peuvent tout à fait relever le défi. Pour les familles avec enfants en bas âge, mieux vaut se limiter à une portion du tracé, autour des chaos les plus accessibles, et rentrer avant la fatigue.

Peut-on faire la rando des 25 bosses en trail running ?

Oui, la rando des 25 bosses est très prisée des traileurs, notamment pour ses passages techniques sur grès qui demandent agilité et précision. Les coureurs confirmés bouclent le circuit en 3 à 4 heures. Attention toutefois : par temps humide, les roches deviennent glissantes et le risque de chute augmente sensiblement. Chaussures à crampons et prudence dans les descentes s’imposent.

Y a-t-il un risque de se perdre sur le circuit des 25 bosses ?

Le balisage en forêt de Fontainebleau est globalement fiable, mais la multiplicité des sentiers peut dérouter, surtout en cas de brouillard ou de végétation dense. Emporter une carte IGN ou un GPS chargé reste vivement conseillé. Certains carrefours peu signalés méritent attention. Une bonne lecture du tracé la veille et un téléphone avec l’application adéquate suffisent généralement à éviter tout écart.

Quelle variante choisir pour une première rando des 25 bosses ?

Pour une première rando des 25 bosses, la variante courte , autour de 15 kilomètres , constitue une excellente entrée en matière. Elle conserve l’essentiel des passages rocheux emblématiques tout en limitant la fatigue. Partez tôt le matin, choisissez un jour de semaine pour éviter la foule, et gardez du rythme pour les derniers kilomètres, souvent plus exigeants qu’ils n’y paraissent.

Les 25 bosses : une journée en forêt qui laisse des traces

Il y a quelque chose de magique dans l’idée de trouver le dépaysement à soixante kilomètres de Paris. La rando des 25 bosses le prouve à chaque foulée : le grès blond, le silence des pins, la satisfaction de franchir une bosse après l’autre. Tout cela forme une expérience à part, rare et précieuse, que peu de circuits en Île-de-France peuvent offrir.

Mais soyons clairs : ce circuit se mérite. Il réclame une préparation sérieuse , chaussures à semelles robustes, ravitaillement suffisant, carte en poche. Il demande une météo sèche, les roches humides ne pardonnant pas. Et il récompense ceux qui partent tôt, avant que la forêt ne s’anime et que les sentiers ne s’encombrent.

Alors voilà : guettez la prochaine fenêtre de beau temps, lacez vos chaussures la veille au soir, et partez. La forêt de Fontainebleau vous attend, indifférente et généreuse à la fois , comme toutes les belles forêts. Vous rentrerez les jambes lourdes et le sourire aux lèvres. C’est promis.

Julien Roche, accompagnateur en moyenne montagne, fondateur du carnet Label·Rando

Julien Roche

Accompagnateur en moyenne montagne à Chambéry. Quinze ans de sentiers, et la même règle depuis le premier jour : ne publier que ce qui a été marché, vérifié, raconté honnêtement.

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